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mercredi 18 janvier 2017

Chronique : Le Van

Merci aux éditions HJ pour leur confiance

Le Van de Valérie Hervy

Éditions Hélène Jacob, 2016, 208 p.

contemporaine, road-trip


Bojan, un paysan serbe, a dû quitter sa ferme des plaines de Vojvodine pour gagner Paris.
Travaillant au noir, il survit avec une dizaine de ses compatriotes.
Il est venu en France dans l’espoir de retrouver sa fille Milena, séquestrée par son compagnon dans une caravane dans la ville portuaire de Saint-Nazaire.

Pour la rejoindre, il achète et répare un vieux van trouvé dans une casse.
Seulement, il a besoin d’aide et d’argent pour espérer la sauver.
Pendant le braquage d’une supérette, le Serbe prend des otages qui vont l’assister dans sa fuite vers sa fille, vers l’océan.
Ainsi, il emmène Germaine, une vieille dame, Isa, une étudiante un peu désœuvrée, et Simon, un jeune père avec son bébé.

De Paris à Saint-Nazaire, leurs aventures vont les sortir de la solitude et les révéler à eux-mêmes.

J'ai commencé ma lecture plutôt enthousiaste parce que j'aime les road-trips (ou l'idée que je m'en fais), même si au final, je n'en ai pas lu depuis cette sombre mais burlesque histoire de club de suicide.
L'histoire est la suivante : Bojan, un fermier serbe d'un certain âge, se retrouve en France pour ramener sa fille au pays après la réception d'un courrier inquiétant. Il va finir par s'allier avec une vieille dame, un jeune père et son bébé et une étudiante isolée. Notre petite équipe pour le moins originale va traverser une partie du pays à bord d'un combi Volkswaggen orange, apprendre à se connaître, voire à s'apprécier et mûrir au contact les uns des autres.
L'intrigue est plutôt prenante et j'ai aimé les réflexions de l'auteure au sujet du traitement et de l'accueil réservés aux migrants, en particulier ceux en situation irrégulière. Même si on peut y trouver par moments un côté moralisateur, ça reste assez intéressant pour donner envie d'y réfléchir.
Et au-delà, l'image même qu'on a de l'immigration et les clichés qui vont avec vont être questionnés. Genre fuite de la guerre, ou le fameux "ils viennent nous prendre notre travail, notre pain et nos femmes" (je prends un raccourci, mais ça s'entend, c'est assez incroyable). On en reparlera davantage quand je prendrai le temps que chroniquer Americanah. Mais plus simplement (et moins racistement, aussi), on a tendance à se dire que le mec qui arrive en France, il ne vient pas faire du tourisme. On se dit que c'est tellement la misère chez lui, qu'il aimerait autant rester. Moi, je me le dis. Alors, je reste quand même sur la position que c'est le cas de la majorité des gens (et je n'y vois d'ailleurs pas d'inconvénients), mais ce n'est pas celui de Bojan. Bojan, il est attaché à sa terre, à son pays, il veut y retourner, et le plus tôt sera le mieux. D'autant qu'il n'a pas eu un super accueil en France.
Donc, en ce qui concerne l'intrigue et les thèmes de réflexions, j'ai vraiment passé un bon moment de lecture.
Par contre, une chose m'a bloquée. Le traitement de la psychologie des personnages. Et de leur pensée. L'auteure nous dit tout. Alors que le narrateur soit omniscient, je veux bien. Qu'on en sache plus que les personnages, pas de soucis. Mais là, on avait la totale d'écrit. Rien de sous-jacent, d'implicite. Rien qui se devine. Exemple, si Gertrude dit une connerie : "Gertrude a dit une connerie. Gertrude est jeune, elle ne se rend pas compte que c'est une connerie. En voyant la réaction des autres, elle se rend bien compte qu'elle a dit un connerie. Gertrude se sent naze, elle culpabilise de sa connerie, puis elle n'aime pas passer pour une idiote. Elle n'est pourtant pas idiote, elle est juste trop jeune pour comprendre certaines choses. Elle s'excuse." J'aurais préféré qu'on me fasse comprendre qu'elle se sentait un poil merdeuse, Gertrude. En mode "En voyant la réaction des autre, Gertrude se rend compte qu'elle a dépassé les bornes. Elle grimace, piteuse, et s'excuse". C'est plus court, plus sympa à lire, et le lecteur se construit tout seul les représentations qu'il veut derrière la grimace de Gertrude. 
 (que ce soit clair, je ne prétends pas donner de cours d'écriture, ni savoir mieux, ni détenir la vérité vraie. mais je sais ce que j'aime lire)
Malheureusement, ce phénomène se reproduit assez souvent pour que ça gêne ma lecture, qui se passait pourtant hyper bien.


  • Les réflexions amenées
  • L'intrigue 
  • Le style

  • Trop d'explicite 
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4 commentaires:

  1. J'aime beaucoup la couverture ! C'est dommage que tu n'ai pas aimé plus que ça.. :/

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  2. Aaaah Saint-Nazaire.... Je suis de la région ^^ Je me demande comment est abordée la ville dans le bouquin tiens....

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  3. Je ne suis pas vraiment intéressé, j'avoue :-/

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  4. Je comprends que le fait de tout savoir des pensées de personnages t'ait génée, ça enlève une part à l'imagination...

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